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Les Chevals - L'aventure 2018 partie 02
Par Frédo








Pas d’inscription avant janvier 2018, ca nous fait 9 mois de réflexion pour donner naissance à un vrai projet.

L’été 2017 passe, puis l’automne arrive avec l’AG du VCF. Picsou nous annonce qu’il n’y aura plus de Journée piste au Bourbonnais en 2018 : trop cher pour le club, pas assez de participants. Donc pas de Voxan sur la piste cette année. Dans le même temps, toujours aucune velléité de la part de mes camarades Pat, Polo, Picsou, Torpen de faire rouler la Black. Le proto prend gentiment la poussière comme de trop nombreuses Voxans dont les tarifs s’envolent sur LBC. Nos belles machines vont-elles basculer du côté des motos de collection, tout juste bonnes à s’exposer dans des salons où seule vibre la nostalgie à défaut des cylindres ou, au mieux, à rouloter dans des démonstrations lucratives. La marque est morte, certes, mais les motos sont toujours là. Sont-elles si vieilles, si obsolètes ? Faut-il donner raison aux fossoyeurs de la marque en les rangeant dans le grenier des beaux ratés français ? Ou avons-nous simplement vieillis ?

Pourtant une moto ça doit rouler, vibrer, pencher, quitte à tomber en panne ou par terre. Une moto ce n’est pas la fragile représentation idolâtre de notre jeunesse, c’est un objet mécanique bien concret destiné à envoyer du pâté sur route ou sur piste. On la respecte comme on se respecte soi-même : elle ira au grès des désirs de son pilote, de ses réussites, de ses erreurs. Comme lui, elle se relèvera comme il saura se relever.

Aller, c’est parti ! Ni elle, ni moi ne sont bons pour le musée. Je commande mon tee-shirt les Djeun’s et je reprends le téléphone : « Alors ! Les gars ! Toujours partants ? »

« Yes man ! Chauds ! »

Certains se diront à quoi bon aller dépenser un argent fou pour aller massacrer ces belles motos sur la piste : les pièces se font rares (à ce qu’on dit), la mécanique est fragile (parait-il), le chassis n’a pas été conçu pour (soi-disant) et inutile d’espérer la gagne (et alors) face à des pilotes chevronnés sur des 1198 et autres Panigales de 200ch. Pourtant, à l’heure où la communauté motarde rend hommage au défunt Alain Chevallier, c’est oublier un peu vite qui était ce grand personnage de la moto française, fondateur et père du projet technique Voxan. Le frère d’un grand pilote trop tôt disparu. Un homme de la compétition, chef mécano reconnu dans tous les paddocks du Continental Circus. Les Voxans ont été construites pour la route par un sorcier du chassis de GP et peuvent donc se révéler d’excellentes motos de piste, même, (surtout) aux mains de pilotes amateurs.

Notre engagement sera aussi notre modeste façon à nous de rendre hommage à « Cheval » avec ses motos bien vivantes, rugissantes, dignes et fières au milieu des Ducat’s. Ni une, ni deux, nous décidons de nous inscrire sous le nom « Les Chevals ». Les connaisseurs reconnaitront le clin d’œil, les autres nous donneront des cours de français.

Peu importe, le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. A quoi bon vivre sa passion par procuration ? Regarder les GP à la télé, c’est cool. Ou, mieux, se déplacer aux 24 heures et vibrer au rythme des relais, c’est beau. Chacun sa place, chacun son niveau me direz-vous. Les gens du DCF ont peut-être plein de défauts, mais au moins ils résistent à cette logique. Ils résistent à la course à l’armement au profit des machines de caractère. Ils résistent au professionnalisme qui augmente les coûts et exclu les pures(pauvres) amateurs. Ils proposent à nous autres les poireaux de vivre pour de vrai le grand frisson de l’endurance, de la vitesse (ou les deux) sur un grand week-end festif fait d’anciennes et de nouvelles, rutilantes ou cradingues. Fait de nos motos, préparées avec nos petites mains, celles de la famille, des potes, à l’arrache ou patiemment mais surtout passionnément. Alors, certes, les japonaises sont ostracisées, mais c’est le privilège d’un club qui se bouge, le privilège des bénévoles qui donnent de leur temps, le privilège de la liberté de penser, faire et donner à nous autres les petits, gros ou maigres, jeunes ou vieux pilotes d’un jour.



Eparpillés aux quatre coins de la piste façon puzzle